Monthermé et son histoire

Les Hauts-Buttés

Dès la moitié du XVIIIe siècle, on peut lire sur les cartes de Cassini, le nom de ce petit hameau « Haut-Butte et Bas-Butte » qui devient « Buttés ». De fait celui-ci a semble-t-il toujours été composé d'une partie haute et une partie basse, dénomination encore employée aujourd'hui malgré le peu d'habitants.

    Situé à 470 m d'altitude, il fut sans doute fondé au début du XVIIe siècle par quelques familles de bûcherons qui s'installèrent en ce lieu pour exploiter la forêt, telle la fabrication du  charbon de bois. Ils pratiquent aussi l'élevage de bétails et habitent dans des censes ou fermes louées à des propriétaires.

    On note toutefois que les gens des Hauts et Bas Buttés ne sont pas seuls sur le secteur, d'autres familles sont déjà implantées vers 1573 dans les environs au-delà de la frontière toute proche côté des Pays Bas espagnols, au lieu-dit « la Cense d'Orchimont », ou les Vieux-Moulins d'Hargnies aujourd'hui.

   Le climat est rude, l'hiver rigoureux, ce qui ne permet pas la moindre culture céréalière. Au XVIIIe siècle on sait toutefois qu'un moulin à farine existait sur un ruisseau situé au-delà de la frontière, l'approvisionnement venant toujours de ce côté. Bien qu'à la limite des Pays Bas, cette communauté des Buttés semble avoir toujours été attachée à Monthermé.

    Sur le plan religieux, toutes ces familles se trouvent loin d'une église paroissiale. Alors  celles qui habitent côté empire Pays-Bas espagnol demandent la permission de construire un oratoire proche de la Cense d'Orchimont. Cette requête leur est accordée en 1706, et avec l'aide des français installés aux Hauts et Bas Buttés, ils érigent une chapelle dédiée à Saint Antoine de Padoue dont le culte est très important au Portugal et en Espagne.

    En 1774, suite au départ de plusieurs familles côté empire, l'oratoire est à l'abandon. Les habitants des Hauts et Bas Buttés, par arrêté royal du 7 juillet 1778, obtiennent d'ériger une nouvelle chapelle sur les Hauts-Buttés, toujours dédiée à Saint Antoine. Mais un siècle plus tard, avec le temps, le bâtiment s’est dégradé et la décision est prise de reconstruire plutôt que de restaurer.

    C'est entre 1874 et 1876 que l'église actuelle fut construite sous l'impulsion de l'abbé Justin Wimet, un infatigable bâtisseur, qui fit bâtir aussi une hôtellerie pour les pèlerins et un hospice pour les vieillards.

    L'abbé Wimet en se procurant des reliques de Saint Antoine fait des Hauts-Buttés un sanctuaire très fréquenté par les français et les belges, ce qui est toujours vrai de nos jours. Les ex-voto nombreux, plus de 2300 sur les différents murs sont les témoins de cette dévotion à Saint Antoine. Le 13 juin, fête de Saint Antoine, a lieu le pèlerinage annuel.

    Le hameau compte aujourd'hui une trentaine d'habitants, auxquels viennent s'ajouter les 74 résidents de la maison de retraite dans la continuité de cet hospice pour vieillards voulue par l'abbé Wimet.  On exploite toujours la forêt et le pâturage pour le bétail. Un ébéniste s'est installé depuis longtemps, et depuis quelques années un restaurant que vous pourrez apprécier.

    Le hameau est aussi un haut lieu de la Résistance par sa proximité avec le maquis des Manises et les Vieux Moulins de Thilay. Les religieuses de la maison de retraite et l’abbé Gonon, curé, ont rendu de nombreux services aux proscrits, aux maquisards, aux blessés, aux parachutés, et cela durant les deux dernières guerres.

 

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